Depuis le 1er août 2026, le Livret A rapporte 1,70 %, contre 1,50 % auparavant. C’est sa première hausse depuis février 2023, et elle relance une question que beaucoup d’épargnants se posent : où placer son argent en 2026 pour qu’il rapporte vraiment ? Le Livret A reste le placement préféré des Français, mais à ce niveau de taux, il ne suffit plus à faire fructifier une épargne. Voici comment y voir clair, avec les chiffres de 2026 et un exemple concret.
Le Livret A à 1,70 % : ce qui change en août 2026
Le taux du Livret A est passé de 1,50 % à 1,70 % au 1er août 2026, sur décision du gouvernement. Le Livret de développement durable et solidaire (LDDS) suit le même mouvement et rapporte lui aussi 1,70 %. Le Livret d’épargne populaire (LEP), réservé aux revenus modestes, se maintient de son côté à 2,50 %.
Les atouts du Livret A n’ont pas bougé. L’argent reste disponible à tout moment, le capital est garanti, et les intérêts échappent à l’impôt comme aux prélèvements sociaux. Le plafond est de 22 950 € pour le Livret A et de 12 000 € pour le LDDS. C’est un produit simple et sans risque, fait pour garder de l’argent à portée de main.
Un rendement qui protège mal contre l’inflation
Le problème, c’est que 1,70 % net ne veut pas dire 1,70 % de pouvoir d’achat gagné. L’Insee attend une inflation autour de 2 % en 2026. Une fois l’inflation déduite, le rendement réel du Livret A est proche de zéro, voire légèrement négatif. Autrement dit, l’argent qui dort sur un Livret A conserve à peu près sa valeur, mais ne la fait pas grandir.
Ce n’est pas un défaut du Livret A, c’est sa fonction. Il sert à sécuriser une épargne de précaution, pas à bâtir un patrimoine sur dix ou vingt ans. La bonne question n’est donc pas « faut-il quitter le Livret A ? » mais « combien y laisser, et où placer le reste ? ».
Première étape : garder une épargne de précaution
Avant de chercher du rendement, mieux vaut sécuriser l’équivalent de trois à six mois de dépenses courantes. Cet argent doit rester disponible immédiatement, pour une voiture à réparer, un coup dur ou une période sans revenus. Le Livret A, le LDDS et le LEP sont parfaits pour ça. Au-delà de ce matelas de sécurité, laisser des sommes importantes sur un livret revient à perdre du rendement chaque année.
Les alternatives pour faire travailler son épargne en 2026
Une fois l’épargne de précaution mise de côté, plusieurs solutions permettent de viser un rendement supérieur. Chacune répond à un horizon de placement et à un niveau de risque différents.
| Placement | Rendement 2025 | Risque | Disponibilité | Fiscalité |
|---|---|---|---|---|
| Livret A / LDDS | 1,70 % | Aucun, capital garanti | Immédiate | Exonéré d’impôt |
| Fonds euros (assurance-vie) | 2,6 % en moyenne | Faible, capital garanti | Quelques jours | Allégée après 8 ans |
| SCPI (immobilier) | 4,91 % de distribution | Modéré, perte possible | Limitée | Revenus imposés |
| PEA / actions | 7 à 10 %/an sur le long terme | Élevé, perte possible | Variable selon les marchés | Gains exonérés d’impôt après 5 ans |
L’assurance-vie et son fonds euros
Le fonds euros d’un contrat d’assurance-vie garantit le capital, comme un livret, mais avec un rendement souvent supérieur. En 2025, il a servi 2,6 % en moyenne, et les meilleurs contrats ont dépassé 3 %. L’assurance-vie offre aussi une fiscalité avantageuse après huit ans de détention et reste un outil précieux pour transmettre son patrimoine. Pour une épargne de moyen terme sans prise de risque, c’est souvent le premier réflexe après les livrets.
Les SCPI, de l’immobilier sans gestion

Les sociétés civiles de placement immobilier (SCPI) permettent d’investir dans l’immobilier locatif sans acheter ni gérer soi-même de bien. En 2025, elles ont distribué 4,91 % en moyenne, un rendement bien supérieur à celui des livrets. Attention toutefois : le prix des parts a reculé d’environ 3,45 % sur l’année, ce qui ramène la performance globale à 1,46 % une fois la baisse prise en compte. La SCPI vise le long terme, verse des revenus réguliers mais imposés, et l’argent y est moins disponible que sur un livret. Pour creuser le sujet, notre article investir en SCPI sans gérer de bien détaille le fonctionnement.
Le PEA et les actions, pour le long terme
Investir en Bourse via un plan d’épargne en actions (PEA) offre le potentiel de rendement le plus élevé, de l’ordre de 7 à 10 % par an sur longue période selon les indices. En contrepartie, la valeur peut baisser, parfois fortement, et il faut accepter d’immobiliser son argent plusieurs années. Le PEA a un vrai avantage fiscal : passé cinq ans, les gains sont exonérés d’impôt sur le revenu, seuls les prélèvements sociaux restent dus. C’est un support à réserver à une épargne dont on n’aura pas besoin avant huit à dix ans.
Un exemple concret pour 30 000 €
La situation. Camille a 30 000 € qui dorment sur son Livret A, déjà bien rempli. Elle n’a pas de projet à court terme et souhaite que cet argent rapporte davantage sans tout risquer.
Une répartition possible. Elle garde 10 000 € sur son Livret A pour les imprévus. Elle place 12 000 € sur le fonds euros d’une assurance-vie, sécurisé, autour de 2,6 %. Elle investit 8 000 € en SCPI pour aller chercher un rendement proche de 5 %, en acceptant un horizon long.
Le résultat. Sur ses 30 000 €, le rendement moyen passe d’environ 1,70 % à près de 3 % par an, tout en gardant une part disponible immédiatement. Rien de spectaculaire, mais sur dix ans l’écart se chiffre en milliers d’euros.
Cet exemple reste théorique : la bonne répartition dépend de votre âge, de vos projets, de votre tolérance au risque et de votre fiscalité. C’est justement là qu’un accompagnement fait la différence.
Comment choisir la bonne répartition
Il n’existe pas de placement idéal, seulement des placements adaptés à une situation. Un profil prudent privilégiera les livrets et le fonds euros. Un profil équilibré ajoutera une part de SCPI ou d’unités de compte. Un profil dynamique, avec un horizon long, acceptera davantage d’actions via un PEA. Dans tous les cas, deux règles simples : garder une épargne de précaution disponible, et diversifier plutôt que tout miser sur un seul produit.
Pour construire une stratégie sur mesure, un conseiller en gestion de patrimoine analyse vos revenus, vos objectifs et votre horizon avant de proposer une répartition. Vous pouvez comparer des professionnels près de chez vous dans notre annuaire de conseillers en gestion de patrimoine, ou décrire votre situation via notre formulaire de mise en relation pour être orienté vers le bon interlocuteur.
Avant de confier votre épargne, vérifiez que le conseiller est bien enregistré. Son numéro de SIRET suffit pour s’assurer que l’activité existe légalement. Pour les intermédiaires réglementés, comme les conseillers en investissements financiers ou les courtiers, une inscription à l’ORIAS s’ajoute. Tous les conseillers patrimoniaux n’y sont pas soumis, mais cette vérification reste un bon réflexe de prudence.
En résumé
Le Livret A à 1,70 % protège votre épargne de précaution, sans plus. Pour faire travailler le reste en 2026, l’assurance-vie, les SCPI et le PEA offrent des rendements supérieurs, chacun avec son niveau de risque et son horizon. La clé n’est pas de choisir un seul gagnant, mais de répartir intelligemment selon vos projets. Et si vous hésitez, un conseiller peut vous aider à décider en connaissance de cause.