Artisan, commerçant, profession libérale ou dirigeant : quand on travaille à son compte, on pense d’abord à faire tourner son activité. La retraite paraît lointaine, et pourtant c’est souvent là que le réveil est brutal. Les indépendants, ou travailleurs non salariés (TNS), touchent en général une pension nettement plus faible que les salariés. Bonne nouvelle : avec un peu d’anticipation, il existe des solutions simples et avantageuses pour combler cet écart. Voici comment vous y prendre.
Pourquoi la retraite des indépendants est souvent plus faible
Les indépendants cotisent à des régimes obligatoires qui leur versent, à l’arrivée, une pension généralement moins généreuse que celle des salariés. Selon les métiers, elle peut représenter autour de la moitié du dernier revenu, parfois moins pour ceux qui ont peu cotisé, comme les micro-entrepreneurs.
La mécanique est la même que pour tout le monde : l’âge légal de départ est fixé à 64 ans et il faut avoir cotisé 172 trimestres, soit 43 ans, pour toucher une retraite à taux plein. Mais pour un indépendant, les cotisations obligatoires sont calculées de façon à privilégier la trésorerie de l’activité, pas la future pension. D’où l’importance de prendre les choses en main soi-même.
Votre pension obligatoire se compose en réalité de deux étages, une retraite de base et une retraite complémentaire, gérés selon votre métier par des caisses différentes. Les années de début d’activité, souvent peu rémunérées, et les éventuelles périodes creuses pèsent durablement sur le total. Le constat est clair : compter uniquement sur les régimes obligatoires expose à une baisse de niveau de vie au moment de la retraite.
Première étape : faire le point sur ses droits
Avant de choisir une solution, mesurez l’écart à combler. Votre relevé de carrière, disponible gratuitement sur le site officiel info-retraite.fr, récapitule tous vos droits, tous régimes confondus. Un simulateur vous donne une estimation de votre future pension.
Comparez ce montant à vos revenus actuels. La différence, c’est le revenu qu’il vous faudra produire par vous-même une fois à la retraite. C’est ce chiffre qui va guider vos versements, plutôt qu’un montant choisi au hasard.
Profitez-en pour regarder votre dernier avis d’imposition, à la ligne « Plafond épargne retraite ». Ce plafond indique combien vous pouvez verser sur un PER en le déduisant de vos impôts. Autre bonne surprise : les plafonds que vous n’avez pas utilisés les années précédentes se cumulent, ce qui laisse souvent une marge plus large qu’on ne le croit.
Le PER, l’outil de référence pour les indépendants
Le plan d’épargne retraite est aujourd’hui la solution phare pour les TNS, et pour une bonne raison : il offre un plafond de déduction fiscale plus élevé que celui des salariés. En clair, vous pouvez déduire une part plus importante de vos versements de votre bénéfice imposable, ce qui réduit votre impôt tout en préparant votre retraite.
Le principe est simple. Vous versez sur votre PER, ces sommes se déduisent de votre revenu imposable, et l’argent travaille jusqu’à la retraite. À ce moment-là, vous récupérez votre épargne en capital, en plusieurs fois ou sous forme de rente, comme vous le souhaitez. L’épargne reste bloquée jusque-là, sauf dans quelques cas prévus par la loi, dont l’achat de votre résidence principale. Si vous détenez un ancien contrat Madelin, sachez qu’il peut être transféré vers un PER, plus souple.
Compléter avec d’autres placements
Le PER ne fait pas tout. Pour garder de la souplesse et diversifier, il se combine volontiers avec d’autres solutions, résumées ci-dessous.
| Solution | Ce qu’elle apporte | À garder en tête |
|---|---|---|
| PER | Déduction fiscale, plafond majoré pour les indépendants, épargne dédiée à la retraite | Bloqué jusqu’à la retraite, sauf cas prévus par la loi |
| Assurance-vie | Souplesse totale, fiscalité allégée après 8 ans, atout pour la transmission | Aucune déduction fiscale à l’entrée |
| Immobilier (locatif, SCPI) | Revenus réguliers, possibilité d’utiliser le crédit comme levier | Gestion, fiscalité des loyers, argent moins disponible |
Le bon mélange dépend de votre horizon, de votre capacité d’épargne et de votre appétit pour le risque. Beaucoup d’indépendants associent un PER, pour l’effet fiscal, et une assurance-vie, pour l’épargne de précaution disponible.
Un exemple concret
Sophie, 40 ans, dégage 70 000 € de bénéfice par an et se situe dans la tranche d’imposition à 30 %. Son estimation de pension la laisse inquiète : elle tomberait à peu près à la moitié de ses revenus actuels.
Elle décide de verser 7 000 € par an sur un PER. Résultat : environ 2 100 € d’économie d’impôt chaque année, et un capital qui se constitue tranquillement jusqu’à sa retraite. En commençant à 40 ans plutôt qu’à 55, elle se donne quinze années de versements et d’intérêts supplémentaires, ce qui change tout.
Quand s’y prendre et avec qui
La règle d’or tient en un mot : tôt. Plus vous commencez jeune, plus l’effort mensuel est léger, car le temps travaille pour vous. Même de petits versements réguliers finissent par peser lourd sur vingt ou trente ans. Le plus simple est souvent de mettre en place un versement automatique chaque mois, pour s’astreindre à épargner sans y penser, en adaptant le montant les bonnes années. Pensez aussi à verser avant le 31 décembre pour profiter de la déduction sur les revenus de l’année.
Comme l’arbitrage dépend de votre statut (profession libérale, artisan, gérant), de votre tranche d’imposition et de vos objectifs, il est utile de le construire avec un professionnel. Un conseiller en gestion de patrimoine calibre vos versements et choisit les bons supports, plutôt que de vous laisser avancer à l’aveugle. Les montants cités ici sont donnés à titre indicatif.
Pour trouver un professionnel près de chez vous, vous pouvez consulter l’annuaire des conseillers de Start Avenue ou remplir une demande de mise en relation pour être orienté vers le bon interlocuteur. Pour creuser le sujet, découvrez aussi notre article dédié au fonctionnement du PER et ses pièges à éviter.
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