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Transmission de patrimoine : 9 000 milliards d’euros d’ici 2040

29 juin 2026 · 6 min de lecture
D'ici 2040, les baby-boomers transmettront 9 000 milliards d'euros en France. Ce que la grande transmission change pour vous et comment la préparer.
Famille de trois générations réunie à la maison, illustrant la transmission de patrimoine entre générations

Un chiffre circule depuis quelques mois et il a de quoi marquer : d’ici 2040, près de 9 000 milliards d’euros de patrimoine vont changer de mains en France. C’est la génération des baby-boomers qui transmet, par héritage et par donation, ce qu’elle a accumulé pendant cinquante ans. On parle déjà de « grande transmission ». Derrière ce montant un peu abstrait, il y a une question très concrète : comment recevoir, ou comment transmettre, sans que l’État ou le hasard décide à votre place ?

La grande transmission, c’est quoi exactement ?

Le chiffre vient d’un rapport publié fin 2024 par la Fondation Jean-Jaurès, repris début 2026 par les études économiques du Crédit Agricole. Les auteurs estiment que plus de 9 000 milliards d’euros seront transmis entre 2025 et 2040, à mesure que la génération née après-guerre vieillit et transmet son patrimoine.

Le rythme s’accélère. Le flux annuel des successions et donations passerait de 464 milliards d’euros en 2025 à 677 milliards en 2040. Rapporté à la richesse du pays, cela représenterait plus de 20 % du PIB, contre 16 % aujourd’hui. La raison est démographique avant tout : la France comptait environ 540 000 décès par an dans les années 2000, elle pourrait approcher les 700 000 par an sur la période. Mécaniquement, plus de patrimoine se transmet.

Conséquence : l’héritage reprend une place qu’il avait perdue. La fortune héritée représente aujourd’hui environ 60 % du patrimoine des Français, contre 35 % au début des années 1970. Autrement dit, ce que l’on reçoit compte de nouveau autant que ce que l’on gagne.

Pourquoi ça vous concerne, même sans gros patrimoine

On imagine souvent que la transmission est une affaire de grandes fortunes. Les chiffres racontent autre chose. La moitié des Français hériteront de moins de 70 000 euros sur toute leur vie, quand les 10 % les plus aisés dépasseront 500 000 euros. Les écarts sont énormes, mais presque tout le monde est concerné, d’un côté ou de l’autre de la table.

Et c’est justement quand les montants sont modestes que les erreurs coûtent le plus cher. Une succession mal préparée, c’est des droits qu’on aurait pu éviter, une maison vendue dans l’urgence, ou une famille qui se déchire faute d’avoir anticipé. À l’inverse, quelques décisions prises à temps changent beaucoup la note finale.

Anticiper plutôt que subir

La transmission se prépare de son vivant, pas au moment du décès. Plus on s’y prend tôt, plus on dispose de leviers. Donner une partie de son patrimoine progressivement, organiser la répartition entre ses enfants, protéger son conjoint : tout cela se décide à froid, en bonne santé, et non dans la précipitation d’un deuil.

La fiscalité récompense d’ailleurs ceux qui anticipent. Plusieurs dispositifs permettent de transmettre en allégeant fortement les droits, à condition de s’y prendre à l’avance et de les renouveler dans le temps. Voici les principaux, à connaître avant d’aller plus loin avec un professionnel.

OutilCe qu’il permet (cadre actuel)
Donation aux enfantsJusqu’à 100 000 € par parent et par enfant sans droits, renouvelable tous les 15 ans
Don familial de somme d’argent31 865 € de plus, exonérés, sous conditions d’âge, également tous les 15 ans
Assurance-vieJusqu’à 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans
Démembrement (nue-propriété)Transmettre un bien tout en gardant l’usage, en réduisant la base taxable
Un exemple concret
Un couple souhaite aider sa fille à acheter un appartement. Chaque parent peut lui donner 100 000 €, soit 200 000 € au total, sans aucun droit à payer. En y ajoutant le don familial de 31 865 € par parent, ils transmettent près de 264 000 € en une fois, sans fiscalité. Et comme ces abattements se renouvellent tous les 15 ans, ils pourront recommencer plus tard. Sans anticipation, la même somme transmise au décès aurait pu déclencher plusieurs dizaines de milliers d’euros de droits.

Ces montants correspondent au cadre en vigueur à ce jour. Les règles évoluent, et chaque situation familiale a ses subtilités, d’où l’intérêt d’un avis adapté avant de signer quoi que ce soit.

Un débat fiscal en toile de fond

Cette vague de transmissions relance un vieux débat : faut-il taxer davantage les héritages ? Les droits de succession et de donation ont rapporté 20,8 milliards d’euros à l’État en 2023. Le rapport Jean-Jaurès, lui, propose un impôt sur les grandes successions qui viserait surtout les patrimoines les plus élevés, avec une exonération jusqu’à 200 000 euros transmis dans une vie et des taux montant jusqu’à 50 % au-delà de 6 millions.

Rien de tout cela n’est voté à ce jour, et le sujet reste politiquement sensible. Mais il illustre une chose utile à retenir : la fiscalité de la transmission peut changer. Préparer la sienne aujourd’hui, avec les règles actuelles, c’est aussi se prémunir contre d’éventuelles évolutions. Un conseiller qui suit l’actualité fiscale ajuste la stratégie quand le cadre bouge.

Se faire accompagner pour bien transmettre

Organiser une transmission fait intervenir plusieurs métiers. Le notaire rédige les actes et reste incontournable pour une succession. Le conseiller en gestion de patrimoine, lui, prend de la hauteur : il regarde l’ensemble de votre situation, articule donation, assurance-vie et démembrement selon vos objectifs, et coordonne le tout dans la durée. Les deux sont complémentaires.

Avant de confier ce sujet à quelqu’un, vérifiez son sérieux. Tout conseiller doit justifier d’un SIRET, qui prouve que son activité est déclarée. S’il distribue des produits financiers ou d’assurance, il doit en plus être immatriculé à l’ORIAS, le registre officiel des intermédiaires. En revanche, un conseiller qui fait uniquement du conseil n’y est pas tenu : l’absence d’ORIAS n’est donc pas un défaut en soi, tout dépend de son activité.

Sur l’annuaire des conseillers vérifiés de Start Avenue, chaque profil est vérifié avant publication, et vous voyez d’un coup d’œil les spécialités de chacun, dont la transmission et la succession. Si vous préférez être orienté directement, décrivez votre besoin via le formulaire de mise en relation et un conseiller adapté vous recontacte. Et si vous vous demandez encore en quoi consiste ce métier, notre article qu’est-ce qu’un conseiller en gestion de patrimoine répond aux questions les plus courantes.

9 000 milliards vont être transmis dans les quinze prochaines années. Une petite partie vous reviendra peut-être, ou partira de chez vous. Dans les deux cas, le bon moment pour y penser, c’est maintenant.