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Donation de son vivant : montants et abattements 2026

29 septembre 2026 · 7 min de lecture
Combien donner à ses enfants sans payer d'impôt en 2026 ? Abattements, don familial et nouvelle exonération immobilier : le guide pour transmettre de son vivant.

Aider ses enfants à s’installer, financer les études d’un petit-enfant, transmettre une partie de son patrimoine sans attendre : donner de son vivant est souvent plus utile, et fiscalement plus malin, que de tout laisser passer par la succession. La loi prévoit des abattements généreux qui se rechargent tous les quinze ans, et 2026 apporte même un coup de pouce inédit pour l’immobilier. Voici ce que vous pouvez donner, à qui, et sans payer d’impôt.

Pourquoi donner de son vivant plutôt qu’attendre

Transmettre une partie de son patrimoine avant son décès présente deux avantages. Le premier est humain : vous aidez vos proches au moment où ils en ont le plus besoin, pour un achat immobilier, un projet ou des études, plutôt que des années plus tard. Le second est fiscal : chaque donation consomme des abattements qui se reconstituent avec le temps, ce qui permet d’organiser plusieurs transmissions au fil des ans et de réduire nettement les droits à payer à la fin.

La règle centrale à retenir est celle des quinze ans. Les abattements que nous détaillons ci-dessous ne sont pas utilisables une seule fois dans une vie : ils se rechargent intégralement tous les quinze ans. Commencer tôt, c’est donc pouvoir répéter l’opération et transmettre beaucoup plus, en franchise d’impôt, que si l’on attend le dernier moment.

L’abattement principal : 100 000 euros par parent et par enfant

C’est la pierre angulaire de la transmission en France. Chaque parent peut donner jusqu’à 100 000 euros à chacun de ses enfants sans aucun droit à payer. Un couple avec deux enfants peut donc transmettre 400 000 euros au total en franchise d’impôt, puisque chaque parent dispose de son propre abattement envers chaque enfant. Et cet abattement se reconstitue tous les quinze ans.

Concrètement, un parent qui a donné 100 000 euros à son enfant en 2011 retrouve son plein abattement à partir de 2026 et peut recommencer. Au-delà de ce montant, la part supplémentaire est taxée selon un barème progressif qui va de 5 % à 45 %, mais les premières tranches restent modérées. Cet abattement vaut pour tout type de bien : une somme d’argent, un bien immobilier, des titres ou un portefeuille.

Le don familial d’argent : 31 865 euros en plus

À côté de l’abattement classique, il existe un dispositif spécifique aux sommes d’argent, souvent appelé don familial. Il permet de donner jusqu’à 31 865 euros supplémentaires, en espèces, par virement ou par chèque, sans droit à payer. Ce don se cumule avec l’abattement de 100 000 euros et se recharge lui aussi tous les quinze ans.

Deux conditions l’encadrent : le donateur doit avoir moins de 80 ans au jour du don, et le bénéficiaire doit être majeur. Il concerne les enfants, les petits-enfants et les arrière-petits-enfants. En combinant les deux dispositifs, un parent de moins de 80 ans peut donc transmettre 131 865 euros à chacun de ses enfants sans fiscalité, et le double pour un couple.

Les abattements selon le lien de parenté

Lien avec le donateurAbattement (tous les 15 ans)
Enfant100 000 €
Petit-enfant31 865 €
Arrière-petit-enfant5 310 €
Époux ou partenaire de PACS80 724 €
Frère ou sœur15 932 €
Neveu ou nièce7 967 €
Personne en situation de handicap159 325 € (cumulable)

Ces abattements se cumulent avec le don familial d’argent quand les conditions sont réunies, et chacun se recharge sur un cycle de quinze ans. Un grand-parent peut ainsi donner à un petit-enfant majeur 31 865 euros au titre de l’abattement de parenté et 31 865 euros de plus au titre du don d’argent, soit 63 730 euros sans droits.

La nouveauté 2026 : donner pour un achat ou une rénovation immobilière

C’est la mesure phare du moment. Depuis le 15 février 2025 et jusqu’au 31 décembre 2026, un dispositif temporaire exonère les dons d’argent destinés à financer l’achat d’un logement neuf, l’acquisition d’un logement ancien avec travaux de rénovation énergétique, ou la rénovation de la résidence principale du bénéficiaire. Chaque donateur peut donner jusqu’à 100 000 euros dans ce cadre, et chaque bénéficiaire peut recevoir jusqu’à 300 000 euros au total en cumulant plusieurs donateurs de sa famille.

Le don doit profiter à un enfant, un petit-enfant ou un arrière-petit-enfant, ou à défaut de descendance à un neveu ou une nièce. L’argent doit être employé dans les six mois, et le logement doit rester la résidence principale du bénéficiaire pendant au moins cinq ans. Cette exonération se cumule avec les abattements classiques, ce qui ouvre une fenêtre exceptionnelle pour aider un proche à devenir propriétaire d’ici la fin 2026.

Remise des clés d'un logement, illustrant une donation familiale destinée à l'achat d'une résidence principale

Donner sans se démunir : le démembrement

Beaucoup hésitent à donner par crainte de manquer plus tard. Le démembrement de propriété répond à cette inquiétude. Il consiste à donner seulement la nue-propriété d’un bien tout en conservant l’usufruit, c’est-à-dire le droit de l’occuper ou d’en percevoir les revenus. Vous continuez donc à profiter du bien de votre vivant, et le bénéficiaire n’en devient pleinement propriétaire qu’à votre décès, sans droits supplémentaires à ce moment-là.

Avantage fiscal notable : les droits de donation ne sont calculés que sur la valeur de la nue-propriété, qui dépend de votre âge. À 65 ans par exemple, la nue-propriété représente 60 % de la valeur du bien, ce qui réduit d’autant la base taxable. Plus vous donnez tôt, plus cette part est faible, et plus la transmission est légère fiscalement.

Exemple concret. Marc et Isabelle, 62 ans, veulent aider leur fille à acheter son premier appartement. Chacun lui donne 100 000 euros au titre de l’abattement parent-enfant, soit 200 000 euros sans droits. Comme l’argent finance sa résidence principale avant fin 2026, ils ajoutent chacun un don exonéré au titre du dispositif immobilier, dans la limite de 300 000 euros reçus par leur fille. Résultat : elle démarre son projet immobilier avec une aide familiale conséquente, sans un euro de droits de donation, et les abattements des parents se rechargeront dans quinze ans.

Les précautions à prendre avant de donner

Une donation est en principe irrévocable : on ne récupère pas ce que l’on a donné. Avant de se lancer, il faut donc s’assurer de conserver de quoi vivre sereinement et de traiter équitablement ses héritiers, car une donation qui déséquilibre trop le partage peut être remise en cause au moment de la succession. Certaines donations doivent obligatoirement passer devant notaire, notamment pour un bien immobilier, tandis qu’un simple don d’argent se déclare à l’administration fiscale avec le formulaire prévu à cet effet.

Pour organiser tout cela sans erreur, l’accompagnement d’un professionnel fait souvent la différence. Un conseiller en gestion de patrimoine peut chiffrer les scénarios, choisir le bon dispositif et articuler donation, assurance-vie et démembrement selon votre situation. Avant de choisir un professionnel, vérifiez qu’il est bien déclaré : en France, un conseiller doit disposer d’un numéro SIRET, et les intermédiaires réglementés comme les conseillers en investissements financiers ou les courtiers sont en plus inscrits à l’ORIAS. Tous les conseillers patrimoniaux n’ont pas d’ORIAS, car le conseil pur n’y est pas soumis, mais un SIRET valide reste la base indispensable.

Pour approfondir la préparation de votre transmission, notre article « Préparer sa succession : donation, assurance-vie et abattements » complète ce guide. Pour être accompagné, parcourez notre annuaire des conseillers en gestion de patrimoine ou décrivez votre projet en quelques minutes grâce à notre formulaire de mise en relation gratuit. Donner de son vivant, bien préparé, reste l’un des gestes les plus utiles pour aider ses proches tout en allégeant la fiscalité.

Cet article a une visée informative et ne constitue pas un conseil personnalisé. Les montants et règles fiscales cités correspondent à la réglementation applicable en 2026 et peuvent évoluer selon votre situation.